Dénonçant des conditions de détention lamentables, 1 500 prisonniers palestiniens en Israël ont entamé une grève de la faim illimitée.

Voilà plus de vingt-cinq ans qu’il croupit en prison. Mais même derrière les barreaux, Marouane Barghouti a une influence certaine sur les près de 3 000 membres du Fatah emprisonnés. Il a appelé ces derniers à débuter, ce lundi, une grève de la fin pour dénoncer les conditions de détention en Israël, mais également pour réclamer la fin de la détention administrative mise en place par ce pays, qui consiste à incarcérer des détenus qui n’ont ni été inculpés ni eu de procès. En 2003 déjà, la FIDH dénonçait les « conditions inhumaines » dans lesquelles étaient détenus les prisonniers politiques. Quatorze ans plus tard, ces conditions se sont durcies, 500 prisonniers étant incarcérés sous le régime extrajudiciaire. De plus, parmi les détenus, 300 seraient mineurs et plusieurs députés sont également emprisonnés.

Les biens des prisonniers grévistes confisqués

A l’occasion de la Journée des prisonniers, une journée pour les détenus mise en place il y a désormais quarante ans, 1 500 prisonniers palestiniens ont répondu à l’appel de Marouane Barghouti. Une première qui a mis en alerte l’administration pénitentiaire israélienne. Selon le Club des prisonniers palestiniens, une ONG, « l’administration pénitentiaire a confisqué tous les biens qui se trouvaient dans les cellules des grévistes et a commencé à transférer des détenus grévistes vers d’autres prisons. » Du côté israélien, on dénonce le fait que certains prisonniers « pourraient se borner à une grève symbolique et recommencer à manger ensuite. » Une façon de montrer que l’administration pénitentiaire craint que cette grève de la faim soit trop suivie, ce qui lui donnerait mauvaise presse.

Actes de torture et négligences médicales

Ce mouvement historique devrait en tout cas permettre aux autorités internationales de se pencher sur les conditions d’incarcération des prisonniers palestiniens en Israël. Et ce, grâce à Marouane Barghouti, qui a écrit une tribune dans le New York Times dans laquelle il dénonce « un système judiciaire à deux vitesses, un apartheid judiciaire qui garantit une impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des Palestiniens et criminalise la présence et la résistance palestinienne. » Le militant du Fatah — toujours membre du Comité central du parti — parle d’« actes de torture, de traitements inhumains et dégradants et des négligences médicales » subis par les prisonniers. Le Palestinien écrit par ailleurs que « les tribunaux d’Israël sont (…) clairement des instruments d’occupation coloniale et militaire. »

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